L’œil d’Innov’Alliance :

Les alternatives aux produits phytosanitaires entre progrès timides et grandes promesses

Une conférence organisée récemment par l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad) a permis de faire le point sur le développement des pratiques de biocontrôle dans l’agriculture française. Face à la réduction des produits phytosanitaires et au développement des résistances, les grandes cultures amorcent en effet une transition progressive vers des alternatives, mais leur adoption reste encore limitée et dépend d’une transformation globale des systèmes agricoles.

Le biocontrôle apparaît comme une solution prometteuse, mais encore peu utilisée en grandes cultures (environ 2% des surfaces), contrairement à d’autres filières comme la viticulture ou le maraîchage. Certaines solutions ont néanmoins fait leurs preuves, comme le phosphate ferrique contre les limaces ou les trichogrammes contre la pyrale du maïs. De nouvelles innovations émergent, notamment des bio-insecticides ou des solutions olfactives, capables de réduire certaines populations de ravageurs, mais leur déploiement reste freiné par les délais d’homologation.
Cependant, la clé ne réside pas dans le remplacement simple d’un produit par un autre, mais dans la combinaison de plusieurs leviers agronomiques : rotations des cultures, choix variétaux, dates de semis, diversité des cultures ou encore intégration de la biodiversité (haies, bandes fleuries). Ces approches permettent de renforcer la régulation naturelle des ravageurs et des maladies.
Des systèmes agricoles plus autonomes existent déjà, comme certains modèles en agriculture de conservation, capables de se passer d’insecticides et de fongicides grâce à la diversification, à l’agroforesterie et à la gestion des sols. Toutefois, ces pratiques posent encore des défis économiques (coûts non rémunérés de la biodiversité) et techniques, notamment pour le désherbage, où les alternatives aux herbicides restent limitées.

Si la transition vers des alternatives aux produits phytosanitaires est désormais bien engagée, reste donc à compléter les dispositifs existants, par une approche systémique combinant innovations, pratiques agronomiques et biodiversité, tout en levant les freins aux obstacles économiques et techniques.

 

Dans un contexte de réduction des produits phytosanitaires et de montée des résistances, le biocontrôle s’impose progressivement comme un levier clé de la transition agroécologique. Une récente conférence organisée par l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (APAD) a mis en lumière les avancées, mais aussi les freins encore présents pour le déploiement de ces solutions en grandes cultures.

Si certaines technologies ont déjà démontré leur efficacité, comme le phosphate ferrique contre les limaces ou les trichogrammes contre la pyrale du maïs, l’adoption du biocontrôle reste aujourd’hui limitée dans les grandes cultures, avec seulement environ 2 % des surfaces concernées. De nouvelles innovations émergent toutefois rapidement : bio-insecticides, solutions olfactives, stimulation des défenses naturelles des plantes… autant de pistes prometteuses dont le développement reste encore freiné par des contraintes techniques, économiques et réglementaires.
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans les priorités nationales portées par le gouvernement à travers le « Grand Défi Biocontrôle et Biostimulation pour l’agroécologie » de France 2030 et le plan d’action dédié aux alternatives aux produits phytosanitaires. Ces dispositifs visent à accélérer l’innovation, faciliter l’homologation des nouvelles solutions et accompagner leur déploiement sur le terrain.

Au-delà des produits eux-mêmes, les échanges ont rappelé qu’aucune solution unique ne pourra répondre aux enjeux actuels. La transition repose avant tout sur une approche systémique combinant plusieurs leviers agronomiques : diversification des cultures, rotations, choix variétaux, agroforesterie, gestion des sols et intégration de la biodiversité fonctionnelle (haies, bandes fleuries, auxiliaires…).

Des systèmes agricoles plus autonomes existent déjà et démontrent qu’il est possible de réduire fortement le recours aux insecticides et fongicides. Reste désormais à lever les derniers freins techniques et économiques afin d’accélérer le passage à l’échelle de ces pratiques innovantes.